L'aire marine, un trésor à protéger

19 000 hectares d'exeption méditerranéenne

La partie maritime du Parc National d’Al Hoceima représente
la seule aire protégée majeure des eaux méditerranéennes marocaines.
Cette singularité lui confère une responsabilité particulière dans la préservation
des écosystèmes marins du bassin occidental.

L’INFLUENCE ATLANTIQUE,
CLÉ DE LA RICHESSE

Positionnée à proximité du détroit de Gibraltar, la zone maritime du parc bénéficie de l’influence directe des eaux atlantiques. Ce brassage océanique crée des conditions uniques : courants riches en nutriments, variations de température, mélange d’espèces atlantiques et éditerranéennes. Cette position de carrefour explique la biodiversité exceptionnelle des fonds marins.

DES HABITATS MULTIPLES

Fonds rocheux colonisés par les algues, herbiers sous-marins, tombants vertigineux, grottes mystérieuses : la diversité des habitats marins répond à celle des espèces qui les peuplent. Entre la surface et cinquante mètres de profondeur, chaque strate héberge ses communautés spécialisées.

UN RÔLE À L’ÉCHELLE MÉDITERRANÉENNE

Le parc s’inscrit dans le réseau des Aires Marines Protégées de la Méditerranée. Son action contribue à la préservation d’écosystèmes reconnus mondialement pour leur biodiversité et leur taux d’endémisme. Protéger ces 19 000 hectares, c’est participer à la conservation d’un patrimoine naturel qui dépasse les frontières marocaines.

SECRETS DU PARCPARC

Le Parc National d’Al Hoceima est inscrit ASPIM (Aire Spécialement Protégée d’Importance Méditerranéenne) depuis novembre 2009, lors de la COP 16 de la Convention de Barcelone, devenant la première ASPIM du Maroc. La Côte des Bokkoyas (5 530 ha) a obtenu le statut de site Ramsar le 16 avril 2019, reconnaissant sa valeur comme zone humide d’importance internationale

Dauphins et Cétacés,
les mammifères marins du parc

Sur les 85 espèces de cétacés recensées dans le monde,
une vingtaine fréquente la Méditerranée, au moins occasionnellement.
Parmi les huit espèces composant l’essentiel des populations de la Méditerranée occidentale, cinq sont présentes dans les eaux du Parc National d’Al Hoceima. Ces mammifères marins, protégés par plusieurs conventions internationales, représentent un intérêt majeur pour la conservation.

LE DAUPHIN COMMUN ET LE DAUPHIN BLEU ET BLANC

Le dauphin commun (Delphinus delphis), plus petit et orné de motifs complexes sur les flancs, traverse les eaux du parc en groupes parfois imposants. Le dauphin bleu et blanc(Stenella coeruleoalba) se reconnaît aux lignes sombres qui zèbrent ses flancs. Ces deux espèces, plus pélagiques que le grand dauphin, s’observent généralement au large.

PROTECTION ET MENACES

Les cétacés méditerranéens font face à de multiples pressions : pollutions chimiques et sonores, collisions avec les navires, captures accidentelles dans les filets, raréfaction des proies. Leur position au sommet de la chaîne alimentaire les rend particulièrement vulnérables aux perturbations des écosystèmes. La création d’aires marines protégées comme celle du parc constitue un outil essentiel pour leur survie.

LE GRAND DAUPHIN, L’AMBASSADEUR CHARISMATIQUE

Tursiops truncatus, est l’un des plus grands dauphins, pouvant atteindre jusqu’à 4 mètres. De couleur sombre assez uniforme, le Grand Dauphin se rencontre dans toutes les eaux tempérées et tropicales, généralement en petits groupes de 5 à 15 individus. En Méditerranée, le Grand Dauphin est décrit comme une espèce essentiellement côtière, alors que dans d’autres régions du monde, on le trouve en haute mer. Très social, il se distingue facilement des autres dauphins grâce à son «sourire» caractéristique.
SECRETS DU PARC

Les dauphins communiquent par un langage complexe mêlant sifflements, cliquetis et cris. Chaque individu possède un «sifflement signature» unique, sorte de nom propre que les autres membres du groupe utilisent pour l’interpeller.

Poissons et tortues marines,
diversité sous la surface

La proximité du détroit de Gibraltar enrichit la faune du parc d’espèces atlantiques et méditerranéennes. Sur 86 espèces de poissons recensées, 11 sont typiques de l’Atlantique Est, un carrefour ichtyologique unique en Méditerranée.

UNE MOSAÏQUE D’HABITATS

La distribution des poissons épouse les fonds marins : espèces rocheuses près des côtes, espèces de fonds sableux dans les baies, espèces pélagiques au large. Mérous bruns, serrans, girelles, sars, oblades, daurades... chaque plongée révèle de nouvelles rencontres.

LES TORTUES MARINES,
VOYAGEUSES DES OCÉANS

Trois espèces fréquentent les eaux du parc : la tortue caouanne (Caretta caretta), espèce remarquable de Méditerranée, la tortue verte et, plus occasionnellement, la tortue luth. Ces reptiles marins, qui vivent plusieurs décennies et parcourent des milliers de kilomètres, sont menacés par les captures accidentelles, la pollution plastique et la dégradation des plages de ponte. Leur présence régulière témoigne de la qualité des eaux du parc.

UN ESPOIR POUR LE PHOQUE MOINE

Le phoque moine de Méditerranée, autrefois présent le long des côtes, a disparu de la zone. Pourtant, grottes et criques isolées au pied des falaises offrent toujours des habitats favorables à cette espèce parmi les plus menacées au monde. Un retour naturel reste possible, si les pressions humaines diminuent.

SECRETS DU PARC

La tortue caouanne peut rester en apnée plus d’une heure et plonger jusqu’à 200 mètres de profondeur.
Elle se nourrit principalement de méduses, crustacés et mollusques, qu’elle broie grâce à son bec puissant.

Coraux, gorgones et invertébrés,
une diversité sous la surface

Les invertébrés marins constituent la base invisible mais essentielle des écosystèmes sous-marins. Éponges filtrantes, crustacés décomposeurs, mollusques herbivores, échinodermes nettoyeurs : chacun joue son rôle dans les cycles biologiques. Plus de 240 espèces d’algues complètent ce tableau, des microscopiques aux imposantes laminaires.

LE CORAIL ROUGE, OR DE MÉDITERRANÉE

Corallium rubrum, le précieux corail rouge, colonise les parois rocheuses ombragées. Sa croissance lente (un millimètre par an) et sa surexploitation séculaire en font une espèce vulnérable. Les colonies présentes dans le parc, protégées de la cueillette, constituent un patrimoine naturel et génétique précieux. Avec d’autres espèces de coraux et de gorgones, il bâtit des paysages sous-marins d’une beauté saisissante.

ÉTOILES ET OURSINS, ACTEURS DU NETTOYAGE

Les étoiles de mer et les oursins, ces échinodermes aux formes étranges, jouent un rôle crucial dans le nettoyage des fonds. Ils consomment algues, déchets organiques et animaux morts, recyclant la matière organique. L’oursin violet et l’étoile de mer rouge comptent parmi les espèces communes du parc.

ONZE ESPÈCES PRIORITAIRES

Parmi tous ces invertébrés, onze espèces présentent un intérêt particulier pour la conservation en Méditerranée. La grande patelle, la grande cigale, le corail rouge, plusieurs espèces de gorgones figurent sur cette liste. Le parc, en protégeant leurs habitats, contribue à leur maintien à l’échelle du bassin.

LES GORGONES, ARBRES DE LA MER

Les gorgones blanches et rouges déploient leurs branches dans les courants, filtrant l’eau pour capturer le plancton. Ces animaux coloniaux, cousins des coraux, créent des jardins sous-marins où se réfugient poissons juvéniles et invertébrés. Leur présence indique la bonne santé des eaux.

SECRETS DU PARC

Les coraux et les gorgones, bien qu’ils ressemblent à des plantes, sont des animaux. Ils appartiennent à la famille des cnidaires, comme les méduses, et possèdent des cellules urticantes pour capturer leur nourriture planctonique.

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Association Blue Mediterranean League for Youth (BML) : Maison des Jeunes Mohammed Ben Abd El Karim El Khattabi, Al Hoceima, Maroc
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